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Gérer son parcours. Les bonnes questions à se poser.
Entre accélération de l’accroissement du niveau d’exigence de compétences et d’aptitudes, et fréquentes réorganisations d’entreprises, il n'est pas facile de maintenir le cap !
Il est pourtant possible de surfer sur la vague en tirant partie des vents, même contraires.
Tôt ou tard, la nécessité de faire évoluer son activité professionnelle s'impose à toute personne, en poste ou non. Toutefois, le principe de changer pour changer, parce qu’il est simplement logique de le faire serait réducteur et ne placerait pas l’intéressé dans une posture d’acteur. Vouloir évoluer doit procéder d’une nécessité objective de progression liée au fait que les limites du poste sont en particulier atteintes, pour éviter de se retrouver « pat » pour prendre l’image des échecs.
Mieux vaut prévenir que courir !
Il est effectivement judicieux de pouvoir anticiper sur sa mobilité afin d'éviter le risque d'en être dépossédé le moment venu, soit par les circonstances, soit par manque de lisibilité, et d'être par conséquent contraint d'agir trop vite et de manière trop peu réfléchie.
Il ne faut pas croire que l’on puisse faire sa révolution et tout changer régulièrement dans sa vie. Opérer un virage à 180° est l’aboutissement d’un processus à l’œuvre de longue date.
Manager son parcours, c’est rechercher le sens à donner à son évolution et à son changement.
Autre exemple. Changer de job uniquement pour une raison de mal-être relationnel ou de stress, serait changer par dépit, en prenant un nouveau poste par défaut.
Certes, si de mauvaises conditions de travail peuvent être des motifs légitimes de changement, encore faut-il pouvoir prendre du recul afin que l’affectif ne viennent pas fausser l’analyse de la situation.
Dans un climat délétère, il est nécessaire de distinguer d’autant plus clairement ce qui provient du contexte d’avec la nécessité de progression.
C’est se poser la question : « si tout allait bien, quelles seraient les raisons objectives qui me décideraient à vouloir évoluer et vers quoi ? Il faut pouvoir envisager la possibilité qui nous revient d'améliorer ces conditions, avant de se jeter sur son CV.
On peut se surprendre soi-même en découvrant sa capacité insoupçonnée jusque là de transformer les choses.
Et si rien ne peut changer, que vous ne pouvez pas influer sur les évènements, il ne sera pas dit que vous ne n'aurez pas tenté de le faire ; bonne manière de gérer le deuil de son vécu particulier dans une entreprise.
De plus, cette reconsidération de l'environnement professionnel est un travail qui permet de bien finir les choses, de boucler le dossier et de bien tourner la page, pour soi et pour ceux qui auront travaillé avec vous, s'il s'avère que vous devez finalement partir.
La durée moyenne de vie à un poste est d'environ 4/5 ans, mais se fier au seul facteur temps, pour décider d'évoluer, témoignerait d'une incompréhension du sens que l'on donne à sa vie professionnelle.
A l'inverse, il serait risqué de ne pas s'interroger sur sa situation et son parcours, même si tout allait bien et que l'on était satisfait du poste qu'on occupe depuis longtemps. Il faut donc se poser grosso modo chaque année, les bonnes questions dont la nature des réponses déterminera le moment et la direction de l'évolution.
Aujourd'hui, certains peuvent aller jusqu'à refuser une promotion, reste à juger de la pertinence du refus, mais aussi de savoir si la promotion en est réellement une…
Risqué, diriez-vous ? Certes. Ce n'est qu'en émettant une grande réserve et doté d'un solide argumentaire issu d'une mûre réflexion, que l'on peut se permettre de refuser une promotion.
Quel que soit le cas d'un souhait d'évolution, et à fortiori dans le cas opposé du refus d'une offre promotionnelle, il faut pouvoir démontrer la réciprocité d'intérêts qui existe entre vous-même et votre société… ou une autre.
S'offrir le luxe de se poser la question
« Pourquoi évoluer ? »
qui ramène au sens premier de son choix professionnel.
Ne jamais motiver un changement dans le but de satisfaire uniquement des convenances matérielles ; autrement dit, même si vous devez impérativement quitter votre poste en raison d'un trop grand éloignement géographique, d'une mutation de votre conjoint, de confort pratique de vie personnelle par exemple, prenez malgré tout le temps de la réflexion. Mûrissez un vrai projet professionnel avant de vous jeter sur vos candidatures, et occultez ces contingences qui risquent de fausser la pertinence de votre jugement dans votre choix professionnel. La rémunération peut tout à fait s'inclure dans ces exigences matérielles ; rechercher un poste pour la seule valeur ajoutée salariale qu'il offrirait, risque de desservir son parcours s'il ne constitue pas une réelle évolution de compétences et/ou de niveau de responsabilité (à moins d'avoir passé très peu de temps dans sa fonction actuelle et trouver meilleure rémunération à poste équivalent).
Toutes les occasions ne sont pas pour autant des opportunités !
A toute proposition d'embauche, demandez-vous comment vous pourriez la « revendre » à un futur recruteur qui lira votre CV dans lequel elle devra s'inscrire …
« Quand évoluer ? »
quand les réponses à vos questions annuelles clignoteront comme autant de signaux d'alerte vous indiquant que c'est le moment.
Quels peuvent-être les signaux du besoin de changement ?
Vous vous apercevez que
- vous déléguez de plus en plus, vous laissant disponible pour d'autres responsabilités qui ne sont pas au RDV,
- l'intérêt intellectuel arrive à saturation,
- la part des responsabilités que vous considériez comme le cœur de votre fonction devient subsidiaire sans être pour autant remplacée par de nouvelles à réelle valeur ajoutée,
- l'organigramme hiérarchique vous bloque dans votre évolution et que vous ne pouvez manifestement pas remplacer votre N+1,
- parce que vous avez intérêt suivant le marché et vos années d'expérience à rechercher une complémentarité de compétences,
- parce que l'ennui vous gagne et que vous avez fait le tour de tout ce que vous avez pu renouveler et faire évoluer…
…
« Comment évoluer ? »
en se posant la question préalable
« qu'aurais-je envie de faire évoluer dans mon poste si je devais y rester ? ».
Il y a un triple intérêt à cette question :
- 1er intérêt : même si l'on a pris la décision de quitter son poste et/ou son entreprise, celle-ci permet de limiter le désinvestissement dû au détournement de son regard vers d'autres horizons professionnels, mais également dû au sentiment de frustration d'avoir fait par ex. le tour de son poste.
- 2nd intérêt : celui de saisir l'occasion de porter un regard différent sur son activité professionnelle un peu à la manière dont on procéderait pour une démarche qualité et d'en extraire la « substantifique moelle ».
Cela aura pour vertu de faire prendre du recul par rapport à son vécu professionnel pour en extraire ses atouts, identifier les différents aspects (managérial, financier, technique, commercial, conceptuel …), les hiérarchiser par le volume qu'ils occupent, puis par le volume et la direction qu'on souhaite leur voir prendre dans son futur job, y compris ceux qui n'existeraient pas dans celui présent. Faites de même pour vos compétences (gérer, manager, négocier …) et vos qualités intrinsèques.
- 3ème intérêt : « séparer le bon grain de l'ivraie », c'est à dire discerner ce qui provient de son approche du travail qui finit inévitablement par un mode routinier faussant quelque peu l'appréhension qu'on a de son vécu professionnel, de ce qui provient réellement d'une atteinte des limites du poste par rapport à son potentiel d'évolution. En d'autres termes, l'exercice de prise de recul par rapport à votre activité peut vous faire découvrir, contre toute attente, que votre poste avait encore des ressources inexploitées, ou bien que vous avez besoin de consolider un aspect, d’en approfondir un autre, ou bien au contraire vous confirmer, mais avec objectivité, votre raison de changement.
C'est aussi le moyen de mieux vivre son travail, de relativiser et de se rendre plus disponible d'esprit pour se projeter dans le futur ; en effet, un présent mal vécu obscurcit l'avenir.
N’attendez pas que les opportunités aient la gentillesse de venir jusqu’ à votre bureau. Mais inutile également de gaspiller de l’énergie en s’entêtant à vouloir changer ce qui ne peut pas l’être. L’attitude qu’on adopte conditionne en partie l’environnement proche et les circonstances.
On provoque par conséquent plus les opportunités qu’on ne les saisit.
C’est bien simple, plus un électron est en mouvement plus il a de chances d’en rencontrer d’autres.
Aussi, bougez ! C’est toujours le premier pas qui coûte ; mais par la suite, emporté dans l’accélération du mouvement brownien, vous pouvez faire boule-de-neige.
Adoptez un état d’esprit ouvert sur tout ce qui vous entoure et ne négligez aucune piste.
Utilisez tous les canaux, réponse aux annonces, par voie de presse et d’Internet, et surtout candidatures spontanées résultant d’une démarche réseau.
Mais aussi profitez du journal interne de votre société pour écrire des articles et communiquez sur intranet. Si vous êtes « branché » sur le net, créez votre propre page web ; celle-ci peut avoir un lien direct avec votre activité professionnelle ou pas, mais n’hésitez pas à y introduire des liens avec d’autres thèmes qui vous sont chers.
Et à ce propos, vous pouvez arroser votre projet professionnel d’une dose de passions personnelles qui l’enrichiront par les compétences qui leur sont attachées ; manière d’y apporter un petit souffle de créativité.
Pour revenir à Internet, repérez des forums de discussions pour échanger les points de vue. Voir les réseaux sociaux notamment.
Voir page conseil internet et la recherche d'emploi.
Les recrutements étant difficiles, la cooptation est aujourd’hui très utilisée par les directions d’entreprises même si elle est décriée par certains. On a en effet, soit inconsciemment soit objectivement un a priori positif sur une personne qui nous est recommandée par une relation de confiance.
Montrez-vous attentif aux autres en leur faisant part de vacances éventuelles de postes, en leur envoyant des articles choisis.
Et inscrivez-vous dans des associations (sportives, culturelles, caritatives) y compris une association d’Anciens ; c’est bien souvent dans un cadre hors professionnel et au moment où on s’y attend le moins, sur un cours de tennis ou sur le green d’un golf, que l’on peut décrocher le job inespéré.
Prendre du temps pour la veille du marché de l’emploi permet de prendre du recul par rapport à son activité actuelle, et si cela vous demande du temps pour rencontrer des gens ou faire quelque chose qui sort de l’ordinaire, ce n’est non seulement pas une perte de temps mais un investissement parce que cela ré oxygène votre quotidien et stimule votre créativité.
Prenez-garde à la routine ; nul n’est à l’abri du ronron quotidien. Bien entendu, il ne suffit pas d’accoster le premier venu « bien en vue » pour monter avec lui. Il faut se forger une bonne réputation basée sur la qualité de ses réalisations, de sa compétence et ce qui n’enlève rien au personnage, de son relationnel.
Faites vous remarquer par des chasseurs de têtes et vos futurs dirigeants en prenant des initiatives, en décrochant le « contrat du siècle » pour votre entreprise, en cultivant des partenariats judicieux, et surtout en faisant preuve d’entregent et d’éthique tant dans le management des hommes que des affaires.
Il ne s’agit pas de jouer les opportunistes mais simplement de communiquer et de savoir à votre tour renvoyer l’ascenseur.
Veillez également à entretenir votre réseau relationnel et pas seulement à l’activer quand vous êtes en phase active de recherche d’emploi.
Voir page conseil réseau, du bon usage.
Ne considérez pas seulement votre réseau strictement professionnel mais aussi le « privé » en vous informant auprès d’eux de l’évolution dans leurs domaines. L’échange n’étant naturellement pas à sens unique, vous êtes également une « personne ressource » pour vos relations et pouvez tous bénéficier réciproquement d’un regard extérieur.
Trouver le fil d’Ariane de son parcours ...
La différence entre deux carrières ne tient parfois qu’à un fil ; le fil continu ou discontinu des parcours, leur logique, les opportunités saisies ou non … en bref, l’art et la manière d’avoir su trouver et remonter le fil d’Ariane dans le dédale des créneaux professionnels. Il ne s’agit pas bien sûr, de penser au futur poste à peine arrivé en fonction, mais d’effectuer une « veille » du marché de l’emploi de manière à vérifier la validité de ses compétences et éventuellement demander les formations et/ou la promotion interne nécessaires pour se maintenir au niveau.
Diversifiez sans vous éparpiller ; un parcours présentant des expériences complémentaires de types production / études et R&D ou encore études / commercial est très apprécié. De même, une complémentarité de domaines, voire de secteurs différents, laisse supposer que vous avez su vous adapter à différents milieux, et peut vous permettre d’exercer une responsabilité nécessitant des connaissances transversales comme en Ingénierie par exemple, en urbanisme, ou encore en conseil (ex Ouvrages d’art et Industrie peuvent s’ouvrir sur une activité de GC industriel ou dans le pétrole, bâtiment et VRD sur la gestion de l’eau, les questions d’environnement et de gestion d’énergie, de développement durable, de HQE …).
Ne rebondissez pas trop vite d’un poste à un autre, mais ne vous enlisez pas non plus trop longtemps dans une même fonction ou domaine, surtout si c’est au sein de la même entreprise, sous peine de vous faire taxer de carriériste dans un cas, ou d’immobilisme dans l’autre.
Cultivez la richesse d’expérience pour cultiver la différence qui fait que lors d’un entretien d’embauche et même dès l’acte de candidature, vous pouvez montrer que vous êtes unique en votre genre.
Trouvez votre logique ! Il n’existe pas de CV sans défense ni sans erreur. Mais l’erreur ne devient un échec que si l’on en tire aucune leçon et que l’on baisse les bras devant la fatalité.
Sans faire l’apologie de l’erreur, répondez à un recruteur qui vous reprocherait un faux pas ou un objectif non atteint, que l’erreur est une bonne école et qu’elle favorise le sens de la remise en question.
Et surtout ne vous justifiez pas ! Expliquez plutôt ce que vous en avez retiré et que celui qui vous embauchera aura la garantie de ne pas vous voir repasser sur vos pas. On n’en est pas encore à trouver des annonces du genre : « vous vous êtes planté, vous nous intéressez ! » quoique ce soit déjà le cas aux USA.
Dégager la logique de son parcours.
Analysez les raisons du passage d’un poste à un autre et la manière dont vous avez entrepris ce changement, et votre degré de maîtrise de celui-ci.
C’est une manière de revisiter son parcours pour se le réapproprier afin de renouer avec :
- la maîtrise de ses choix même, si l’on a plus répondu à un besoin au hasard du marché qu'on ne s'est approprié le poste, même si l’on a été plus suiveur que décideur (surtout vrai quand on débute)
- avec ce que l’on aime, ses passions, une vocation enfouie. En effet, prendre un virage est souvent l’occasion de faire le lien avec des activités extra-professionnelles, des voies encore inexplorées.
- des compétences jusqu’ici cloisonnées, ou un potentiel inexploité.
- ce qui constitue pour soi le challenge, ce qui fait vibrer au quotidien.
Inscrivez en face de chaque expérience ce qui n’apparaît qu’en filigrane : la manière dont vous définiriez votre rôle, le vécu, ce qui vous motive au quotidien, les choix que vous avez eu à faire, les problèmes à régler, les décisions à prendre, les réussites, mais aussi les difficultés à surmonter.
Les aptitudes à cultiver et à développer :
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