Un recruteur apprécie l'implication d'un candidat lors de l'entretien, la pertinence de ses questions, sa qualité d'écoute. Il cherche lui aussi à faire le bon choix et est rassuré par un interlocuteur qui arrive plus en professionnel qu'en candidat.
L'entretien d'embauche, les embûches à éviter et les questions à poser. Revenons sur le sujet suite aux articles précédents pour insister plus particulièrement sur cet instant du point de vue psychologique avant d'aborder de manière plus pratique les embûches à éviter et les questions à poser.
L'entretien, une validation de réciprocité d'attentes.
Nous avons vu qu'il ne doit pas être considéré comme un examen auquel on est convoqué, mais comme une réunion de travail à laquelle on est invité et durant laquelle, deux protagonistes vont étudier et valider ensemble la possibilité ou non d'envisager une collaboration, puis par la suite de la contractualiser ou pas.
Dire oui à un poste doit être un vrai choix.
L'accès à un poste doit correspondre à un vrai choix et pas seulement à l'urgence d'une nécessité car l'on court le risque de se retrouver à la case départ en ayant finalement perdu beaucoup plus que du temps. Par conséquent l'entretien d'embauche qui l'a précédé doit être le moment de décision qui confirmera ou infirmera ce choix.
Pour évaluer une proposition d'embauche (voir page conseil « évaluer une proposition d'embauche »), il est nécessaire d'avoir un projet clair en tête qui vous permette d'avoir à l'esprit vos critères de choix d'activité que vous aurez classés par ordre de priorité (voir « page conseil projet professionnel »).
Etre porteur de projet.
C'est ce projet qui vous permettra de repérer et d'identifier vos cibles prioritaires en termes de combinaison fonction/secteur/domaine/type d'entreprise/environnement, de savoir quels points de vigilance vous devrez observer par rapport à une offre d'emploi, de bâtir solidement votre argumentaire, de valoriser les atouts à offrir à une entreprise et de savoir poser les questions adéquates et pertinentes.
Rappelons ici encore, qu'un recruteur apprécie l'implication d'un candidat lors de l'entretien, la pertinence de ses questions, sa qualité d'écoute, le fait qu'il se connaisse un minimum. Un recruteur cherche lui aussi à faire le bon choix et est rassuré par un interlocuteur qui arrive plus en professionnel qu'en candidat. Et rappelez-vous ! Une bonne question vaut deux bonnes réponses.
Se tenir au fait de l'actualité afin de personnaliser son approche.
Vous trouverez quantité d'indices à travers l'actualité des entreprises et des secteurs qui vous mettront sur la voie des stratégies adoptées par celles-ci, de leurs activités et produits, de leurs valeurs, de leurs enjeux, de leur positionnement, de leur concurrence… Parcourez quotidiennement la presse papier ou internet afin d'étayer et d'enrichir votre projet professionnel et votre argumentaire d'entretien de manière plus personnalisée.
Les embûches à éviter.
Mitrailler de questions : choisissez judicieusement vos questions et saisissez les moments où le dialogue le permet ou le recruteur lui-même vous y invite
Ne poser aucune question : vous risqueriez de faire croire que vous n'êtes pas motivé et que vous manquez d'à propos, de curiosité.
Questionner surtout sur les avantages : parler de réduction de temps de travail, d'avantages sociaux laisse penser que vous privilégiez avant tout votre confort personnel au détriment de l'intérêt du travail.
Trop vouloir en dire : choisissez les aspects que vous allez développer en fonction du poste cela prouvera votre sens du discernement par rapport au poste et votre esprit de synthèse.
Débiter son texte : retenez le sens de ce que vous allez dire, le fil conducteur de votre argumentaire, mais n'apprenez surtout jamais par cœur comme un écolier récitant sa leçon.
Redire son CV : soyez créatif, ne repassez pas tout votre parcours, vous ennuieriez le recruteur qui est censé le connaître. Choisissez plutôt des moments clé qui ont été déterminants pour vous et qui éclairent sur votre motivation. Faites des liens entre les choses, montrez la logique et la cohérence de votre parcours qui expliquent finalement pourquoi vous répondez à la proposition de poste.
Monopoliser la parole : ne vous étendez pas sans vous préoccuper de votre interlocuteur, accordez lui de l'attention, notamment aux signes extérieurs d'impatience ou de curiosité …
Trop se valoriser : ne cherchez pas à convaincre à trop vouloir démontrer les choses car vous risqueriez de montrer au contraire un manque de confiance en vous ; soyez simple, professionnel en un mot.
Vouloir plaire à tout prix : tout ne marche pas à la séduction et encore moins en entretien d'embauche où le recruteur cherche quelqu'un qui sait à la fois ce qu'il veut et ce qu'il a à proposer. Ne cherchez pas à « zéler » en parlant de centres d'intérêt, de lecture sur certains sujets ou d'activités que vous n'auriez pas car vous pourriez être collé.
Ne pas écouter : le meilleur dialogue se noue sur l'écoute qui permet d'arriver à une meilleure empathie, de mieux identifier les attentes de votre interlocuteur, de rebondir sur ce qui est dit, et de laisser un souvenir favorable.
Etre trop déférent : rejoint un peu la séduction ; restez sobre et courtois sans forcer le trait.
Etre familier, dilettante, arriver en tenue décontractée : tout au contraire, n'employez pas de mots d'usage familier. Ne copinez pas ! Vous devez être ponctuel, sérieux, poli, utiliser un langage châtié, porter un costume ou un tailleur simple dans lequel vous êtes à l'aise, y compris le vendredi…
Couper la parole : qui serait la conséquence d'un manque d'écoute et d'attention, voire d'une certaine nervosité ou fébrilité. Appuyez-vous sur ce que dit votre interlocuteur, faites-vous confiance.
Etre abstrait et flou : soyez concret, objectif, citez des exemples, ne soyez pas évasif ou elliptique mais précis, et ne parlez que de ce qui correspond à la réalité.
Trop détailler, ne pas être synthétique : au contraire n'entrez pas trop dans le détail pour éviter de vous disperser ; faites un plan de votre argumentaire pour discerner ce qui doit être synthétisé au profit de ce qui doit être développé.
Ne pas rebondir sur ce qui est dit : si vous laissez passer les perches tendues volontairement ou pas par votre interlocuteur, vous perdez l'occasion de montrer votre à propos, votre implication et votre sens de saisir les opportunités.
Trop parler du passé : on pourrait penser que vous éprouver du regret, ou bien que vous n'avez pas fait le deuil de vore précédente situation, ou encore que vous êtes trop conditionné par un mode et un environnement de travail qui vous empêcheraient de vous adapter au changement et de vous projeter dans l'avenir.
Critiquer ses ex-employeurs : c'est vraiment rédhibitoire car vous faites preuve d'un manque de discrétion patent qui laisse penser que vous êtes susceptible de le reproduire à d'autres niveaux et vis à vis de votre futur employeur. De plus, n'oubliez pas que le monde est petit, et que votre interlocuteur peut très bien connaître celui que vous descendez en flamme, et contrairement à vous l'apprécier en tant que client par exemple.
Se plaindre des carences de son précédent poste : pour faire suite au précédent point, si vous vous plaignez de ce qui vous manquait vous risquez de montrer tout ce qui vous fait défaut. Dites plutôt que vous souhaitez approfondir chez votre futur employeur ce que votre expérience vous a permis d'identifier comme potentiel de développement.
Jargonner : n'utilisez pas de mots trop « mode » ou d'abréviation, ou encore de franglais.
Insister sur la rémunération et être trop gourmand : n'en faites pas une idée fixe, car ce qui prime c'est votre intérêt pour le poste et savoir s'apprécier à sa juste valeur. Proposez des fourchettes en vous aidant des évaluations par expérience diffusées dans la presse.
Provoquer (attitude ou question) : cette attitude n'est pas constructrice et ne fera que brusquer votre interlocuteur qui écourtera rapidement l'entrevue.
Etre trop ambitieux, prétentieux, exiger sans rien offrir : n'arrivez pas en terrain conquis et fort de vos exigences car cela peut montrer une survalorisation et un manque d'adaptation. Soyez force de proposition tout en faisant preuve de souplesse.
Harceler de relances ou ne pas relancer du tout : autant il ne faut pas indisposer car si après relance on ne vous répond pas rapidement cela ne vaut pas dire pour autant qu'on ne s'intéresse plus à vous. Au contraire ne pas relancer du tout c'est courir le risque de passer à côté de l'opportunité d'une sélection par la motivation et le sérieux ; il n'est en effet pas rare que les recruteurs se laisse relancer pour départager plus facilement entre les candidats par élimination naturelle.
Les questions que vous pouvez poser (liste non exhaustive)
Précision, il ne s'agit naturellement pas de poser toutes ces questions, mais de choisir celles qui s'adaptent au contexte.
Sur l'entreprise et son secteur d'activité :
• Quelle est l'activité principale de l'entreprise ? Ses secondaires ?
• Quelle est sa politique d'adaptation au marché ?
• Quels sont ses chantiers actuels ou ses projets ?
• A t-elle une activité à l'international ?
• Quelle est sa taille ? (effectif global et d'agence par ex.)
• Quel est son statut juridique ?
• Appartient-elle à un groupe et lequel ? Quelles sont ses filiales et leurs activités ?
• Quels sont ses principaux fournisseurs et clients ?
• Quelle définition donneriez-vous à la culture de votre entreprise ?
• Quelles sont les principales valeurs que défend votre entreprise et quelles applications et implications revêtent-elles ?
• Quelles sont les relations entre les différents services ? (transversalité et verticalité de l'organigramme) ?
• Quelle politique de management menez-vous ?
Sur le poste, le métier :
• Quelle est l'origine et la date de création du poste ?
• Est-ce une création, un remplacement… ?
• Quelles expertise et qualification sont-elles requises ?
• Quelles seront mes principales missions, mes responsabilités ?
• Qu'attend-on de moi par rapport aux objectifs (qualitatifs et quantitatifs) ?
• Quelle est la répartition des différentes activités ?
• Quels sont les aspects demandant le plus de vigilance ?
• Combien de personnes vais-je encadrer ?
• Quelle est ma marge de manœuvre ? Le poste est-il évolutif et dans quelle mesure ?
• Quelle est l'étendue de mon autorité ? (auprès de qui, quoi, recrutement, budget …)
• Dois-je effectuer des déplacements et dans quelle mesure ?
• Quelle en est la rémunération (les avantages) et son évolution possible ?
• Quelle est la nature du contrat (et le temps de travail) ?
Sur l'environnement du poste (politique, humain, matériel…)
• Avec qui vais-je travailler, directement, indirectement ? Comment ? (+ rattachements hiérarchiques ..)
• Comment s'organisent les différents services entre eux ?
• Quelle part accorde t-on au travail d'équipe ? Quels seront mes principaux interlocuteurs ext. ?
• Depuis combien de temps le supérieur hiérarchique est-il il dans l'entreprise ?
• Quelle sont ses expériences et qualification ?
• Auprès de qui d'autres devrais-je demander l'approbation ?
• Quelle est votre politique de ressources humaines ? Avez-vous un plan de formation ?
• De quel budget vais-je disposer ? De quels moyens ?
• De quels appuis inter-services vais-je disposer
• Y a t-il une politique des procédures définies pour ce service ?
• Y a t-il une politique d'évaluation et quelle en est sa fréquence ?
• Quel est le turn-over dans ce service ?
• Quel est le contexte économico-culturel de la région (du pays) ?
Valérie Roué -Resp. emploi & carrières etp |