Japon - souvenirs de voyage

 

 

MODERNITE ET TRADITIONS

A l’extrême est de l’Asie, détaché du continent, se trouve un archipel aux mille visages : le Japon qui présente de nombreuses facettes contradictoires, puisqu’à la fois tourné vers l’Occident et ancré dans ses racines zen. C’est sur ce contraste entre modernité et traditions que Guy Demarles TP 62 a entrainé les participants à ce voyage.
Des temples bouddhistes aux sanctuaires shintôs, en passant par les châteaux des shoguns, le pays recèle de nombreux trésors d’époque médiévale toujours visibles (quelquefois après reconstruction).
Les villes et villages aux traditions centenaires s’opposent aux mégapoles (Tokyo, Osaka), vitrines de la puissance économique (qui subit actuellement la crise de plein fouet) et technologique japonaise.
Un numéro spécial de l’Ingénieur Constructeur serait nécessaire pour rendre compte des magnifiques paysages et jardins et de la richesse culturelle (théâtre nô, sumo, geisha) du pays du Soleil Levant ! Seules, quelques anecdotes seront donc relatées.

Pour cette édition 2009, c’est Daniel Cousin TP 65 qui a pris la plume pour nous faire partager découvertes et anecdotes.


L’accueil
Dès l’arrivée, notre accompagnateur japonais nous convie à nous rallier à un splendide drapeau français (avec un coq) afin d’être conformes aux habitudes japonaises ; il nous présente ensuite notre premier « chauffeur qualifié » (comme le seront tous nos chauffeurs, par la suite).
Conformément à la tradition, les participants se sont présentés afin de resserrer, si besoin est, les liens nous unissant. Certains firent ainsi la connaissance de camarades de leur promotion.
Ensuite, le groupe acquit une certaine complicité en racontant des histoires, lors des longs trajets en car. L’ambiance atteint son apogée lors de la soirée karaoké où, sous la houlette de Max Goudenège dit « Max le Pieu(x) » TP 64, de nombreuses chansons estudiantines furent insérées dans la sélection prévue.

Groupe 1 Groupe  2 Groupe 3

L’alimentation, la gastronomie
Le premier casse-croûte est pris sur le pouce et sur une aire d’autoroute, une fois Tokyo traversée par un réseau d’autoroutes urbaines sinuant entre les immeubles, tel un manège de montagnes russes.
Nous sommes alors confrontés à la haute technologie japonaise : distributeurs de cafés / thés chauds ou froids, avec vidéo de la préparation, toilettes aux sièges chauffés, avec petits jets rotatifs d’eau chaude et panneau « Interdiction de se mettre debout sur la cuvette ». Modernité et traditions ! !
Le premier vrai repas japonais était si spécial qu’en l’absence de desserts (comme dans tout menu japonais), une des nôtres a acheté un « gâteau au chocolat » – en fait, c’était des confiseries aux haricots rouges – puis pour faire passer le goût, un bonbon qui s’est révélé être une mini bougie.
Riz et poissons sont à la base de la cuisine japonaise. Le sashimi, émincé de poisson cru et le sushi, tranche de poisson sur de petites portions de riz vinaigré sont des plats bien connus ; fruits de mer et légumes en friture (tempura) ont été introduits au XVIème siècle par des marchands portugais.
Les viandes sont, en général, plongées dans un bouillon chaud (shabu shabu), accompagnées de légumes et du pâté de soja (tofu) et arrosées de thé vert ou noir ou de saké.
Les nouilles de sarrasin et blé sont des substituts répandus pour le riz.
Une autre spécialité est l’okonomiyaki, sorte de crêpe « fout z’y tout » cuite sur une plaque chauffante et servie avec des oignons verts hachés.
Les châteaux
Différents châteaux anciens (XVIème siècle) étaient à notre programme mais, avant d’y pénétrer, il convenait de se mettre en chaussettes, tout comme dans les temples, sanctuaires et dans certains restaurants. Ainsi y avait-il à la fois des ETP et des bonzes déchaussés, ha ! ha !
De magnifiques châteaux de 6 étages furent visités et admirés : l’un en bois foncé avec ses douves pleines de carpes géantes, l’autre en pierre à Himeji avec un donjon de 30 m sur un massif de 45 m de haut – le plus grand château féodal du Japon.
Le château de Nijo de Kyoto fut la résidence de plusieurs shoguns jusqu’à l’abdication du dernier en 1867 ; il possède des galeries dont les planchers flottants dits « au rossignol » grinçaient, par un astucieux système de circulation d’air, prévenant de toute intrusion.
La culture
Jusqu’à une époque relativement récente, les japonais vivaient coupés du reste du monde ; ainsi sont nées des pratiques artistiques (base de la culture des geishas) encore bien vivantes : la calligraphie, l’arrangement floral, les arts scéniques, la cérémonie du thé ou le port du kimono … qui sont bien plus qu’un mode de vie ancestral.
 L’écriture japonaise est idéographique ; elle comporte des syllabes japonaises et des idéogrammes chinois (2.000 sont nécessaires pour lire le journal). La lecture se fait de haut en bas puis de droite à gauche mais la tendance est maintenant de lire de gauche à droite.
Les jardins
Parmi les nombreux jardins paysagers japonais, celui de Kanazawa qui existe depuis 1676 nous a permis de découvrir, tôt le matin, les premiers cerisiers en fleurs au milieu des massifs, des rivières et étangs et des lanternes en terre cuite. Ce n’allait être qu’une mise en bouche avant la débauche de cerisiers en fleurs que nous allions voir à Kyoto, à la fois le long des rues, mais aussi dans les nombreux jardins.
En particulier dans le parc du Pavillon d’or, le monument le plus célèbre du Japon, avec son lac Miroir, censé évoquer le paradis sur terre.
Dans tous ces parcs, les Japonais viennent fêter la floraison des cerisiers (sakura matsuri) en s’installant au pied des arbres en fleurs et pique niquer sur de grandes bâches.
N’oublions pas les jardins secs zen dans lesquels une composition austère de 15 rochers de tailles différentes (placés de telle sorte que, quelque soit votre position dans l’allée, vous n’en apercevez que 14), de lignes et de graviers (ratissés quotidiennement par les prêtres du temple) mène l’esprit contemplatif vers l’état zen.
Les marchés
Si nous n’avons vu que peu de marchés de fruits et légumes, riz et pâtes obligent, nous avons eu l’occasion de visiter le plus grand marché de poissons du monde. Dans ces halles où les installations frigorifiques permettent l’alimentation de Tokyo pendant 10 jours, commerçants et restaurateurs s’installent bien avant l’aube pour s’assurer des meilleures pièces. Plus de 3.000 tonnes de poisson et de coquillages, crustacés, etc. – de plus de 450 espèces différentes – y sont vendues chaque jour.
Les mariages
La visite du musée d’art contemporain de Kanazawa, conservatoire de l’artisanat d’art traditionnel, nous a permis de croiser notre premier mariage ; les ETP, (déjà) en voix, ont clamé en chœur « Vive les mariés ».
 Plusieurs autres mariages furent croisés par la suite dans des sanctuaires shintôs, en particulier sur l’île de Miyajima ou dans le sanctuaire Meiji de Tokyo.
Le Monastère, Ryokan
L’escale la plus typique fut dans l’auberge (ryokan) du Mont Koya, dépendant d’un monastère. Les chambres sont de grandes pièces munies de cloisons coulissantes et d’une table basse, dont le sol est recouvert de tatamis en paille de riz, sur lesquels on ne marche que pieds nus. Le bain rituel dans l’eau d’une source thermale est pris en public.
Le soir, repas végétarien, assis en tailleur, vêtu du yukata (kimono) puis nuit sur des futons.
Tôt le matin, nous avons assisté à une cérémonie bouddhiste empreinte d’un fort mysticisme, avant le petit déjeuner lui aussi végétarien. Assez difficile à absorber
Le Mont Fuji
Véritable symbole du Japon, le mont Fuji (3.776 m) est considéré comme une montagne sacrée depuis l’époque Edo. Contrairement au 1er groupe ETP bloqué à son pied à cause de la neige, nous avons pu en faire l’ascension (en car) sous une pluie jusqu’à plus de 2.000 m ; peu après, le mont Fuji très pudique s’est dévoilé, pour la plus grande joie du groupe.
La Religion
Le Japon a deux religions principales, le shintoïsme et le bouddhisme. Interrogés sur leur religion, les Japonais font allégrement exploser la barre des 100 % - la plupart se déclarant à la fois shintoïstes et bouddhistes. Par exemple, les mariages sont conduits selon le rite shintoïste tandis que les funérailles suivent habituellement les pratiques bouddhiques.
 Les sanctuaires shintôs
Les sanctuaires shintôs sont caractérisés par le torii (portique en π grec), la corde sacrée tressée en paille, les guirlandes de papier découpées en zigzags. Des marches conduisent au sanctuaire intérieur, résidence de la divinité ; le fidèle ne suit aucun rite préétabli, si ce n’est la purification à l’eau avant d’y entrer.
A Miyajima près d’Hiroshima, le sanctuaire est construit sur pilotis, avec son immense torii écarlate émergeant majestueusement des flots. Le sanctuaire de Nara est orné de plus de 3.000 lanternes en pierre et celui de Nikkô n’a pas de fondation pour « pouvoir se balancer comme un pendule en cas de tremblement de terre.
Les temples bouddhistes
Les temples bouddhistes sont des complexes de nombreux bâtiments avec un bâtiment principal, une bibliothèque, un clocher et une pagode.
Un temple près de Nara comporte 40 bâtiments dont l’un des plus vieux bâtiments en bois du monde ; il est la perle architecturale et religieuse du Japon. Celui de Kamakura est dédié aux bébés perdus et l’Asakusa Kannon de Tokyo, considéré comme le plus ancien temple bouddhiste de la région.

Les villages, villes et mégapoles
· Village ancien
Dans les alpes japonaises, nous avons visité un village longtemps coupé du monde, ayant conservé un indéniable charme bucolique avec ses fermes aux toits de chaume (pouvant atteindre 9 m de haut) évoquant des mains en prière où étaient élevés naguère des vers à soie ; la charpente assemblée sans le moindre clou, tient grâce à des ligatures en corde, témoignage d’un savoir-faire ancestral.

· Hiroshima
Comment raconter le Japon sans évoquer Hiroshima ? Le 6 août 1945 changea la face du monde ; la ville dont le nom est lié à cet holocauste nucléaire (plus de 200.000 morts) a décidé de conserver des cicatrices de la catastrophe à chaque coin de rue. Le musée de la Paix, en dépit d’images très fortes, ne cherche pas à asséner un catalogue d’horreurs mais plutôt à faire vivre une expérience profondément émouvante.

· Kyoto
Kyoto avec son histoire plus que millénaire, est l’âme du Japon avec ses 1.650 temples bouddhistes et ses 400 sanctuaires shintoïstes. La ville a produit ce qu’il y a de plus élaboré dans le domaine des arts, de la culture, de la religion et des idées. C’est un historien français qui a supplié l’état-major américain d’épargner à Kyoto les bombardements.
Kyoto a été une des villes les plus séduisantes et les plus attachantes de notre séjour, et pas uniquement à cause de ses cerisiers en fleurs omniprésents, mais aussi du fait de ses monuments et de l’ambiance régnant dans les quelques sanctuaires ou temples que nous avons visités.

·Tokyo
Cette mégapole de 8 millions d’habitants en perpétuel mouvement dégage une fascination irrésistible.
L’aspect culturel comprenait les visites, outre du sanctuaire Meiji et du temple d’Asakusa, celle du splendide musée national de Tokyo riche de plus de 80.000 œuvres d’arts japonais, coréen et chinois.
La Tokyo Tower, émetteur de 333 m était un passage obligé pour une vue panoramique sur la ville.
Nous avons pu profiter pleinement de différents quartiers de la ville avec, en particulier Ginza « les Champs Elysées de Tokyo », symbole du développement à l’occidental, Shibuya, quartier très animé, fief des jeunes branchés de Tokyo aux tenues extravagantes et Akihabara, quartier de commerce des produits électriques ou électroniques.
 Il ne faut pas oublier les chiens, animaux choyés au Japon ; de nombreuses boutiques de vêtements et d’accessoires leur sont consacrées. Certains hôtels leur proposent même des hôtels spécifiques ( ! ). Nombreux sont d’ailleurs les japonais qui, sur leur téléphone portable, possède la photo de leur animal favori mais pas celle de leur compagne.

Et le Ze End
J’espère que ce petit reportage a bien retranscrit l’excellence de ce voyage, l’ambiance qui a régné tout au long de notre séjour, la richesse culturelle et économique du Japon. Bref, vous avoir fait prendre conscience des traditions et de la modernité qui caractérisent ce pays.
Beaucoup d’autres aspects auraient pu être évoqués ; pour de plus amples détails, reportez vous aux excellents guides qui existent.
Au revoir et rendez vous en 2010 pour le prochain voyage ! Arigato ! Sayonara !

 

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